Rencontre avec AYO
- Adeline
- 27 juin
- 5 min de lecture
Une rencontre tout en douceur, dans son tour bus... Ayo, femme solaire et généreuse !

Bonjour Ayo, on s'était déjà rencontrées sur le festival NO LOGO et d'autres moments. C'est un plaisir de te retrouver
Bonjour, oh merci, merci !
Quel est ton état d'esprit sur les Galettes du monde ? Est-ce que tu connaissais le festival ?
Non, en fait, c'était tellement drôle, parce que, quand j'ai entendu le nom Galettes du monde, je me suis dit, Galette du monde, c'est intéressant ce nom. Et maintenant je sais ce que c'est vraiment « Galettes du monde » parce qu'il y a plein de de stands avec des galettes de chaque pays. Ça c'est incroyable. C'est une idée magnifique.
Fantastique oui, c'est breton !
C’est vraiment drôle. Et ça nous donne envie de goûter chaque pays, mais là, j'ai dit, je ne vais pas réussir à chanter si je mange tout ! Oh là là !
Ce qui te fait venir vers nous, c'est ton nouvel album « Mami Wata » Ici, on est une terre de mer, ça a tout à fait son sens ici. Est-ce que tu vois là, un lien particulier avec l'océan d’ici ?
Oui, en fait, déjà pour moi, je peux dire, quand je suis arrivée aujourd'hui, j'ai cherché les vagues, on est parti à l'océan et malheureusement, c'était plat. Il y avait des petites vagues, mais ce n'était pas le bon moment, non plus, parce que c'était la marée basse déjà.
Faudra revenir alors ?
Ouais, il faut revenir exactement. J'aimerais bien revenir et surfer ici parce que je n’ai jamais surfé en Bretagne.
Ah, même pas à Crozon, au Bout du monde?
Non, parce que c'est toujours les heures où je joue sur scène. Mais je crois que c'est mieux de venir en automne, ou même en hiver. Avec une bonne combinaison, ça va. (Rires)
On va parler de Mami Wata. Il y a des titres qui me font beaucoup de bien, des titres qui sont un peu sensibles peut-être pour toi. « Savior » et « Stronger » pour les avoir écoutés en live, c'est quelque chose de très émouvant. Moi je pleurais dans mon crash barrière, derrière les lunettes. Est-ce que tu peux me parler de cette écriture est encore plus intime, même si les albums d’avant, déjà, nous touchaient en plein cœur. Est-ce que tu peux nous parler de ces titres-là?
Oui, « Savior », c'est un titre que en fait, un jour, j'ai rêvé et je me suis réveillée avec des paroles et la mélodie de ce titre. J'avais un ami qui voulait toujours que je chante sur un projet électronique house. Cette chanson était prévue pour son projet celui d'Emerson et Bruno, mes deux amis. Et quand j'ai enregistré cette chanson, c'était d'abord une chanson électronique.
Avec du son qui allait plus vite que cette version actuelle ?
Oui vraiment, vraiment plus vite, ça sonnait magnifiquement bien. Et moi, j'avais envie de quand je savais que c'était éléctro-house, j'avais envie de faire quelque chose qui a quand même un message. Et quand je me suis réveillée avec ça, je me suis dit," Wow ! C'est bizarre". Ça ne m'est jamais arrivé de rêver d'une chanson et j'ai appelé mon ami Emerson, on est parti dans le studio. Et Bruno était là aussi. Et, c'était devenu la chanson préférée de Bruno et il a dansé pendant j'enregistrais et malheureusement quelques mois plus tard, Bruno est décédé.
D'ailleurs, tu nous expliquais à Crozon que c'était très chargé en émotion quand tu chantais ce titre sur scène.
Oui après ce moment-là, j'ai vraiment compris l'importance de cette chanson.
Il y a un côté mystique peut-être aussi ?
Oui, vraiment mystique. Parce que c'est peut-être bizarre de dire ça, mais ce sont peut-être les raisons pourquoi j'ai rêvé de cette chanson. En anglais, on dit "when you channel something"( "Quand tu prédis quelque chose" nldr). Et c'était lui qui a dansé devant moi.
C'est beau et troublant à la fois...
C'était lui qui avait besoin d'être sauvé. Et maintenant, depuis qu' il n'est plus là, je réfléchis et je vois que tout le monde a vraiment besoin d'un sauveur, d'être sauvé.
Et quand je dis cela, ce n'est pas religieux, c'est parler vraiment de nous, que l'on est vraiment capable de sauver quelqu'un et de faire plein de bonnes choses naturellement.
Tout à fait avec la musique, le fait d'être là, de partager. Ta musique amène cela, tant de l'apaisement qu'un espoir. On t'écoute parfois quand on est un peu triste et il y a toujours un côté lumineux.
Merci, merci à toi. C'est trop gentil.
C'est quelque chose que tu as en toi, Ayo , la joie. Et j'aime aussi les rendez-vous que tu nous donne sur tes tournées. Même dans la pénombre, les moments un peu sombres, tu arrives avec un grand soleil qui nous éclaire !
Merci, ça me touche beaucoup.

Et puis il y a un autre mot que je voulais te dire, c'était le côté artisan dans ta musique. Quand on t'écoute on distingue tes doigts sur les cordes, les riffs sur le manche de ta guitare, c'est rare.
Oh merci !
Il y a aussi une place importante du féminin dans ton art. Tu te revendiques pas féministe, mais en fait, tu prends cette place-là, pour nous, pour les femmes. Quel lien tu as, toi, avec les autres artistes femmes, finalement?
Pour moi, c'est pas juste les artistes femmes, mais femme en général. Pour moi, quand je regarde les femmes, je ressens qu'on est toutes des sœurs. Parce que nous, on se ressemble tellement dans les émotions, on sait ce que ça veut dire d'être une femme et c'est une force. Et j'adore déjà échanger avec les femmes et tout parce qu'il y a des choses que l'on ne peut pas vraiment partager avec des hommes. Et ils peuvent dire la même chose entre eux (Rires).
Mais même si tu bosses beaucoup avec des hommes !
Oui, oui, mais dans cette féminité pour moi, il y a beaucoup de force et beaucoup de douceur dedans. C'est les deux extrêmes. Et je trouve que c'est touchant quand je rencontre des femmes et on partage, on parle. Les femmes quand on parle, il y a directement un truc au ressenti.
Oui tu sais, on a des connexions comme ça...
Oui, c'est vrai !
D'âme à âme comme dirait Nach (Anna Chedid) que tu connais !
Oui exactement !
Tout l'été, même tout l'année, j'ai rencontré et j'ai retrouvé ces femmes-là, Nach, Sandra Nkaké et toi qui boucle la boucle avec Flavia Coelho ! Merci pour ces confidences et pour ton accueil. Ça fait beaucoup de bien!
Merci beaucoup. Merci. C'est trop gentil.
Ayo repart en tournée cet été en Allemagne et sera le 14 septembre à la Cigale à Paris
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