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  • Marie-Hélène

Rencontre avec Sébastien Picot du Festival Blues sur Seine

À quelques jours du début du Festival Blues sur Seine 2022, Sébastien Picot, qui s'occupe de la programmation et de la production a répondu à nos questions.



Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous dire depuis combien de temps vous travaillez pour le Festival Blue sur Seine.


Je m’appelle Sébastien Picot, je suis un des coordinateurs de l’association Blues sur Seine en binôme avec Fanny Dulski, sans oublier notre administratrice Faustine Amar.


Après un master en direction de projets et d’établissements culturels obtenu à l’université de Dijon, plusieurs expériences en production dont un passage sur les festivals Jazz en Touraine et Jazz in Marciac, je suis arrivé au sein de Blues sur Seine en 2019.


Dans l’association Blues sur Seine, je m’occupe de la programmation et de la production de nos deux festivals Tracteur Blues et Blues sur Seine.

Le Festival dure une dizaine de jours, dans différents lieux de la vallée de la Seine. Pouvez-vous nous parler du Festival ? Quelle est son “identité” ?


Le festival existe depuis 1998, nous en sommes à la 23 édition cette année. C’est un festival qui a la particularité d’être itinérant et qui a pour objectif de se déplacer sur l’ensemble de la vallée de la Seine, nous couvrons un territoire allant de Mantes-la -Jolie à Conflans-Sainte-Honorine.


Nous travaillons ainsi sur une multitude de typologie de salles, des équipements culturels du territoire avec des grandes jauges, je pense par exemple au théâtre Simone Signoret de la Ville de Conflans Sainte Honorine, au théâtre de la Nacelle ou bien encore à l’espace Julien Green de la ville d’Andrésy. Mais nous travaillons aussi sur d’autres typologies de lieux : des salles des fêtes, des églises, des médiathèques, des structures sociales, des écoles etc.


C’est là, la deuxième particularité du festival, l’idée de toucher le plus grand nombre de personnes possibles, mais aussi de les impliquer dans ce projet. Nous travaillons avec un grand nombre de municipalités, de partenaires culturels et socioculturels. C’est un festival pour le public mais qui se construit grandement en partie avec lui.


Enfin, la dernière spécificité de ce festival est l’objet artistique qu’il défend à savoir le Blues, et d’une manière générale l’ensemble des musiques afro-américaines. C’est une particularité très intéressante car le Blues est l’un des genres artistiques à l’origine de toutes les musiques actuelles de notre temps. C’est donc d’autant plus stimulant qu’au même titre que le jazz, il n’existe pas une forme de Blues mais une multitude de couleurs qui rende ce registre des plus passionnants. Nos objectifs sont donc de défendre toutes ces esthétiques tout en trouvant des passerelles entre l’ensemble des publics.

Cette année, combien d’artistes différents avez-vous programmé pour le Festival ?


Cette année nous accueillons trente formations sur les deux semaines de manifestations. Nous sommes très heureux de la programmation de cette année. Comment faites-vous le choix des artistes que vous programmez chaque année ? Plutôt une majorité de valeurs sûres ou est-ce qu’il y a aussi de la place pour des découvertes ?


Le travail de programmation est une chose bien plus complexe qu’il n’y parait. Il y a d’abord tout un travail de recherche qui passe par tout le réseau des productions avec lesquelles nous travaillons, nous regardons aussi attentivement ce qui se passe dans les salles de concerts et les festivals, nous recevons aussi beaucoup de propositions de formations et enfin il y a beaucoup de recherches.


À partir de tout ce travail, nous établissons plusieurs prévisions de programmation en passant bien entendu à des artistes qui peuvent être fédérateurs, à la manière de Malted Milk, Natalia M King, Hugh Coltman ou bien encore Myles Sanko. Mais ce sont aussi des formations moins connues du grand public mais qui sont tout aussi qualitatives, je pense notamment à Gliz, Beaux Gris Gris & The Apocalypse, Same Player Shoot Again, Little Mouse & The Hungry Cats, Le Tribute to James Brown par Allan Adote ou bien encore le projet Al Sanders & The Gospel Travellers.

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L’idée c’est d’arriver à trouver le bon équilibre en têtes d’affiches, artistes en développement et projets émergeants

Comment choisissez-vous où se produira quel artiste ? C’est essentiellement en fonction des agendas de chacun ou est-ce qu’il y a d'autres critères ?


Lorsque nous abordons la question de la programmation en fonction des salles il y a effectivement plusieurs critères à prendre en compte, la disponibilité des artistes bien entendu mais aussi un critère de faisabilité par rapport à la salle. Est-ce que le lieu sera en capacité technique de pouvoir recevoir le groupe ? Est-ce que par rapport à la valeur du plateau, la jauge nous permettra d’amortir les coûts ? Etc etc.

Après la période difficile du Covid, comment va le Festival ? Est-ce que l’équipe organisatrice est positive pour cette nouvelle édition ?


Nous avons essuyé pas mal de revers ces deux dernières années, une annulation en 2020 en raison du confinement mis en place par le gouvernement et une année 2021 anxiogène avec le pass sanitaire et l’augmentation du coût de la vie. Il faut dire que les conditions ne sont pas optimales en ce moment pour la culture.


Nous gardons toutefois bonne espoir, le festival Tracteur Blues connait chaque année une hausse de fréquentation, et si Blues sur Seine connait une petite période creuse, nous continuons de défendre nos projets avec la même ardeur en espérant que le public sera au rendez-vous.


Parmi votre programmation de cette année, avez- vous un “coup de coeur” particulier pour un artiste / groupe ?


Un coup de cœur, bien sûr ! Je vous dirai que c’est l’ensemble des artistes que nous programmons !


Nous travaillons sur cette programmation depuis le mois de janvier et nous sommes très heureux du résultat. Nous avons eu à cœur d’imaginer des propositions musicales en lien avec chacun des lieux de représentations pour proposer une multitude d’expériences collectives représentative de toutes les couleurs du Blues.


Vous vous occupez aussi de la partie “Blues à l’école” ? Si oui, pouvez-vous nous en parler ?


Nous avons tout un volet d’actions à destination des publics scolaires. Nous organisons dans les collèges et lycées du territoire des rencontres et des concerts avec les musiciens du festival, c’est l’occasion pour les jeunes de découvrir un genre musical avec lequel ils ne sont pas forcément familier, de voir un concert et puis de poser des questions aux artistes sur leur vie, leur travail, leur inspiration …


Le format « Blues à l’école » est une de nos actions à destination des élèves en classe de primaires. Il s’agit d’un format d’initiation musicale. Pendant six séances, des élèves s’initient à la pratique du chant à travers l’univers du Blues avec notre intervenant François-Nicolas Ranucci, ces interventions se terminent avec une restitution le soir des concerts devant le public du festival.


Ce projet à trois objectifs : la découverte d’un genre musical avec lequel les enfants ne sont pas familiers, la pratique instrumentale et la possibilité de pouvoir se produire sur scène dans des conditions professionnelles.


Ce sont dans les fondements du festival d’être en lien une fourchette variée de publics, de créer de l’interaction et du lien social au sens large du terme. En plus des concerts tout public, prévus pendant le festival, Blues sur Seine a toujours eu à cœur d’aller vers le plus grand nombre possible. Nous avons des actions à destination des structures médico-sociales, sociales et socioculturelles ...



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