• Marie-Hélène

Rencontre avec le groupe Akyal


En découvrant AKYAL il y a quelques semaines avec leur titre « Comme une graine », nous avons eu en savoir un peu plus sur eux et sur leurs projets.


Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Laurent Imbeaux, 32 ans, musicien/compositeur du groupe ; à l’origine du projet de manière générale. Travail au Carré Blanc à Tinqueux (c’est un centre culturel). Passionné de musique depuis de nombreuses années, et de l’art sous toutes ses formes ; ce qui m’a conduit au métier de graphiste notamment.

Valentin Sauton, 27 ans, chanteur/parolier ; je suis actuellement en congé parental pour m’occuper de ma fille, j’aime les plaisirs simples de la vie : dormir, manger, aimer, jouer, sentir les rayons du soleil ; ce genre de chose, tant que ça ne prend pas la tête. Je suis professeur de Sciences de la Vie et de la Terre sinon, mais je n’aime ni me présenter ainsi, ni me définir en tant que tel.


Comment vous êtes-vous rencontrés et avez-vous décidé de monter un groupe ensemble ?

Laurent : Nous nous sommes rencontrés sur un site de mise en relation entre musiciens il y a tout juste un an ; sur « easyzic » plus précisément. J’avais posté une annonce annonçant mon souhait de monter un projet musical. Je cherchais des musiciens, un chanteur, rien de bien précis au début. J’avais indiqué le style de projet que j’aimerais faire, le genre musical du moins ; même si… je ne me souviens plus très bien de quoi il s’agissait précisément. Au départ je désirais faire quelque chose avec des textes en anglais

Valentin : Mais… je respecte trop la langue anglaise pour ne pas l’abîmer avec mon accent. Alors je lui ai proposé certains de mes textes, tous en français.

Laurent : J’ai particulièrement apprécié « Comme une graine » qui m’a rappelé l’esprit des chansons de Fauve. Nous avons commencé à collaborer ensemble dessus et, puisque cela fonctionnait, nous avons continué avec « Clap de fin ».

Valentin : A l’origine, « Clap de fin » est une idée de Laurent, il me l’a soumise et ça m’a rapidement inspiré. Notre duo s’est du coup formé assez naturellement. Depuis, une dizaine de chansons sont en préparation.


Si vous ne deviez garder qu’un disque chacun, ça serait lequel ?

Laurent : Korn – Issues : c’est toute une partie de mon adolescence ; c’est un album qui m’a marqué et qui m’a probablement guidé sur la voie de la musique à mes débuts.

Valentin : N’ayant pas réellement été bercé dans un milieu artistique, encore moins musical, j’ai eu assez tardivement mes premiers disques ! Et j’en ai peu… Et malgré le fait d’en avoir peu, j’hésite… J’ai été relativement séduit par l’album de Georgio – Héra ; qui est l’un des premiers rappeurs que j’ai apprécié. L’album sonne juste, tant sur les instrus que sur les textes ; c’est un album enragé, engagé, qui associe amour, quotidien et vitalité. Je pense que c’est celui qui, du début jusqu’à la fin, m’a le plus conquis.


Quels sont les artistes qui vous ont le plus marqué / influencé et pourquoi ?

Laurent : Fauve. Leurs textes m’ont fait vibrer, ils m’ont parlé. Ils sont percutants, sincères. C’était différent et riche, beau ; je ne sais pas si ça manquait dans le monde musical mais ils ont réussi à l’enrichir, c’est fort. Sigur rós ; les mélodies rocks sont belles, assez minimalistes mais très intéressantes. Et la voix du chanteur est terriblement belle. L’ensemble crée une harmonie qui m’est restée et me restera. Je ne sais pas s’ils m’ont inspiré mais ils ont certainement contribué à étoffer mon amour de la musique. Explosion in the sky : encore du rock mais plus punchy, des musiques rythmées qui dansent sur des mélodies prenantes, qui restent. Les instruments utilisés sont en osmose, c’est vivant, on se sent vivant quand on les écoute.

Valentin : Le premier qui m’a réellement marqué, c’est Barcella. Je l’ai découvert au début de mes années de lycée et j’ai été embarqué par la magie de ses mots, la dextérité de ses rimes, la richesse de la forme au service du fond. Mon premier réel émoi musical. Damien Saez ensuite. Je l’ai découvert également assez tardivement. La qualité de ses textes, de sa voix, de ses mélodies, son énergie assez incroyable sur scène, son engagement ; il y a quelque chose de très fort chez Saez. Même si je n’apprécie pas forcément toutes ses chansons enregistrées en studio, il a la capacité de nous les faire apprécier en concert. Fauve. Découvert une fois que le collectif achevé malheureusement, c’est là que j’ai découvert le spoken word, en 2016. J’y ai adhéré, de suite. Ça m’a mis une claque. Ça m’a donné envie, ça m’a remué, ça m’a pris ; il y a une spontanéité dans les textes, une certaine urgence de dire alors qu’on a tendance à être évasif dans les chansons, de choisir les bons mots, les bonne sonorités, de se restreindre pour faire « joli ». Avec Fauve, j’ai compris que le « joli », ce n’était pas nécessaire. C’est un beau packaging mais… on peut s’en passer si le reste sonne vrai. Plus récemment Ben Mazué, dont la douceur de la voix et la poésie des mots est un régal de tendresse. J’aime les textes qui ne trichent pas et il a le don de les écrire, mieux, de les dire, encore mieux, de les chanter avec élégance ; même lorsque ces textes sont durs, tristes. Heureusement qu’il a mis de côté la médecine. J’aurais également pu citer Gael Faye mais… je pense que c’est assez.


Depuis quand écris-tu et qu’est ce qui te donne envie d’écrire ?

Valentin : J’écris depuis… l’enfance. Mon père écrivait, en amateur, des nouvelles, des romans, il écrit toujours mais plutôt des pièces de théâtre à présent ; j’ai probablement souhaité le copier au début, et ça m’a plu. J’ai écrit un roman (qui attend désespérément d’être envoyé à des éditeurs), des nouvelles, pour le plaisir d’écrire. J’écrivais des poèmes aussi. Les chansons ça ne fait pas très longtemps, deux ans à peu près. Le texte de « Comme une graine » n’était d’ailleurs pas destiné à en devenir une. C’était plus… personnel ; et l’objectif n’est pas réellement de me dévoiler. Ce qui m’inspire, au-delà des émotions et des sentiments qu’offrent gratuitement la vie, ce sont les sujets sociétaux. Les injustices, les débats, les incompréhensions, les oubliés, les témoignages, la vie, de manière générale.


Qu’est ce que c’est la musique pour vous ?

Laurent : la musique est un échappatoire, un exutoire à mes émotions. Un moyen aussi de communiquer de façon mélodieuse.

Valentin : Honnêtement, j’aime bien faire le ménage en musique ; c’est une bonne manière d’occuper la tête et l’espace. C’est quelque chose que j’aime, comme le chocolat, mais je n’en mange pas tout le temps.


Vous avez sorti mi-novembre le clip de votre titre “Comme une graine”. Est-ce que vous pouvez nous parler de ce titre ?

Laurent : Comme dit précédemment, c’est le premier texte que m’a montré Valentin, qui m’a réellement plu et où je me suis dit « ok, on va partir là-dessus ». C’est un titre pour lequel Valentin n’avait pas de mélodie, il n’avait pas la moindre idée de comment le « chanter », ni comment le mettre en « spoken word ». Alors j’ai composé une mélodie, avec différents instruments en MAO. Valentin a essayé de poser sa voix dessus, on a essayé plusieurs fois et, à force, on est tombé sur quelque chose qui nous correspondait, qQuelque chose qui nous plaisait, alors on a continué. On a mis un peu de temps à terminer la chanson. C’était notre première, on voulait que ce soit bien fait.

Valentin : C’est une chanson qui me tient personnellement à cœur puisqu’il s’agit d’une partie de ma vie. Je n’aime pas particulièrement écrire sur ma vie, ce n’est pas tant l’intention de parler de moi. Je ne doute pas que… ça n’intéresse pas forcément grand monde ; encore qu’elle puisse résonner dans la vie d’autres personnes. Mais pour le coup, cet épisode de ma vie correspond à l’un des plus grands tournants auquel j’ai fait face à l’heure actuelle. C’était important pour moi ; et c’était important que ce soit bien fait.


Vous avez tourné le clip vous-même. C’était une envie de tout faire vous-même ?

Laurent : Une envie hum… oui dans l’idéal. Après, on savait très bien qu’on n’avait pas nécessairement les compétences pour faire quelque chose de « pro ». On avait surtout pas vraiment les moyens financiers pour faire autrement, mais c’était une belle aventure.

Valentin : Ça a demandé beaucoup de travail à Laurent, c’est principalement lui qui s’en est chargé ; moi… je suis juste devant la caméra. Mais je l’en remercie, le résultat nous satisfait, globalement.


Vous avez également sorti il y a quelques jours le titre “Clap de fin”. Est-ce que vous avez un album en préparation ?

Disons que pour l’instant, on sort différentes chansons au fil des mois ; et… qui vivra verra. Dans l’idée, un album devrait pouvoir en sortir, mais ce n’est pas un objectif particulier. On se fait plaisir avant tout.


Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

On continue à travailler sur différentes chansons, leur composition et leur interprétation ; on a déjà pas mal de textes. Nous comptons sortir des titres le plus régulièrement possible. Théoriquement, en fonction de l’évolution des conditions sanitaires, on aimerait sortir notre prochain titre au début de l’année 2021. On a également pour projet de réaliser un clip de « Clap de fin », mais pour l’instant c’est un peu compromis… on attend. Sinon nous avons entamé une série de lettres ouvertes mises en musique, sur des sujets d’actualité. Nous en avons sorti une première et la seconde ne tardera pas.

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