• Adeline

Julie Zenatti : Flower Power !


Rencontre avec une femme et artiste épanouie...


Bonjour Julie, comment vas-tu en dans ces temps complexes pour la culture ?

Comme tout le monde, on attend que les fenêtres s’ouvrent !

Tu es de retour avec ton nouvel album « Refaire danser les fleurs », plus de vingt ans après « Fragile ». Quels titres de chacun d’entre eux peuvent aujourd’hui se répondre musicalement ?

Mes albums sont des histoires que je chante qui se répondent, ce sont des ensembles ...

En réécoutant l’ensemble de tes albums, je vois comme un fil rouge pour la femme qui a su grandir et évoluer auprès de nous. Comment as-tu réussi à garder cette cohérence tout en variant les styles et les collaborations ?

Je ne sais pas, peut-être grâce à mes rencontres artistiques et ce besoin d’être dans l’instant, de la femme et l’artiste que je suis.

D’ailleurs, peu de gens le savent mais tu es profondément attachée à la culture rap-hip hop, tu as fait un duo avec Passi, collaboré avec Akhenaton… Qu’est-ce qui te plait dans ce style musical ?

Le côté brut, instantané comme un pola qu’on pose sur une table, pour ne pas oublier.

Quels sont les artistes ou morceaux de cet univers qui t’ont le plus marqué ?

Probablement IAM !

A quel niveau le rap-hip hop a pu influencer ta musique et peut-être même encore l’écriture de ton dernier album ?

Musicalement, pas vraiment d’influences comme cela sur mon disque mais je dirai plus un état d’esprit, celui d’être dans une vérité, certes moins crue que dans le rap mais une honnêteté sur le regard qu’on porte sur soi et sur la vie.

Quels que soient les albums, tu as toujours mis en avant la musique, les mélodies en travaillant avec des musiciens de talent. Quelle place occupent les arrangements dans ton processus de création?

C’est un tout, j’aime les musiciens, les harmonies, la musique instrumentale mais si je suis un passeur d’émotions je suis avant tout un instrument qui doit trouver sa place dans un tout. L’harmonie, c’est l’ensemble .

Es-tu du style à décider du moindre réglage ou tu es plutôt ouverte aux propositions et coups de folie de tes musiciens ou arrangeurs/ réalisateurs?

J’ai une grande confiance en Franck mon réalisateur : j’écoute, je tente, avec lui c’est une histoire d’équipe.

Tu joues du piano depuis ton plus jeune âge, de quelle mélodie es-tu la plus fière ?

Celles que j’ai encore dans ma tête !

Ta voix, si singulière, m’accompagne depuis de nombreuses années. J’ai toutefois perçu une évolution dans ton grain de voix, avec le temps et au fil des albums. Comment l’entretiens-tu ?

Tout simplement en chantant !


Y a-t-il des notes plus difficiles à atteindre ou à passer maintenant qu’au début de ta carrière ? Si oui, comment contournes-tu ces obstacles ?

Non pas vraiment; après à mon âge, la performance doit être justifiée alors il est vrai que je n’utilise que rarement certaines notes , qui épateraient la galerie !




C’est le premier album que tu auto-produis, quels impacts majeurs cela peut avoir sur ce dernier ?

Ce n’est pas vraiment le premier, mon EP live était une production maison! L’impact majeur est financier évidemment et peut-être aussi la puissance médiatique ou pression, comme on veut, qui est moins forte quand on est un petit producteur, donc on joue des coudes avec les gros !

As-tu toujours été en accord avec les choix ou les propositions de tes maisons de disques ? Sur quel point n’as-tu jamais lâché ?

Oui j’ai toujours travaillé avec des gens qui savaient me comprendre et me faire confiance et quand ça n’a plus été le cas, je suis partie, bonne amie et reconnaissante .

Quels sont les coûts quand on auto-produit un projet comme celui-là?

Tout ! De la production pure, studio, musiciens, fabrication des clips, pub, photo, visuels ... tout !

As-tu fait des concessions à cause de cela ?

Oui, bien sur, je ne suis pas un puits sans fond !

Comment as-tu constitué ton équipe, tes fameux « jardiniers » ou « semeurs » de graines de fleurs ?

En faisant confiance à la musique ... c’est elle qui a convertie des gens à me suivre.

Quelle était ta plus grande peur ou difficulté et pourquoi ?

Celle que cet album ne se vende pas assez, cela impacterait fortement la suite.

Et ta plus grande fierté dans cette nouvelle aventure en tant qu’artiste indépendante ?

Je suis fière d’être si bien entourée !

Cette liberté, voire, ce lâché prise est palpable dans les titres jusqu’aux remerciements sur la pochette, a-t-elle été source d’angoisse parfois ?

La liberté peut conduire à une forme de solitude donc oui.

Un album très personnel, plus poétique aussi dans les textes, les mots, la douceur. On se laisse emporter par ce côté pop dansant : un réel changement pour ceux qui te suivent depuis le début… Ton envie c’était ça aussi ?

Pas de changer mais de proposer de nouvelles choses.

Quel a été le point de départ, le premier titre écrit ? Et le dernier ?

Le premier titre a été « Comme un pirate en mer » , le dernier « Rien de spécial ».

Déjà initié sur les albums « Comme vous » et surtout « Blanc », le virage plus lumineux est-il comme un pied de nez à ceux qui te cataloguaient dans la case « Chanteuse à voix aux chansons tristes » ?

Pas un pied de nez réellement mais un story telling assez intéressant pour que mon travail soit écouté.


Ton public a répondu très présent dès la sortie de l’album, comment as-tu vécu les premiers retours ?

Avec beaucoup de bonheur !

J’ai cru comprendre que tu avais enregistré une grande partie de l’album chez toi, quelles incidences cela a pu avoir sur ton interprétation ?

Un niveau sonore plus bas ! Pour cause de voisinage !

L’ambiance cocooning était-elle favorable ? La famille a aussi fait les choeurs d’après les crédits que j’ai lu sur le livret…

Oui c’était chouette !

« Refaire danser les fleurs » est un album aux sonorités 70/80, quelles influences ont pu avoir Gall et Berger ou encore Sanson dans tes titres?

En écoutant les titres, je pense que c’est assez audible !



Après Gall/Berger, il y a maintenant Zenatti/Lico avec « Et Pourquoi pas ? » , un titre très actuel sur les relations homme/femme. Un souhait de ta part de te positionner aussi en tant que femme, citoyenne ?

Je l’ai toujours fait dans mes disques.

Tu partages le duo « Rien de spécial » avec la chanteuse Rose. Parle-nous de ce nouveau single très punchy et ce clip à la Thelma et Louise ?

J’aime beaucoup Rose, la femme et l’artiste. Je suis très honorée de l’avoir à mes côtés dans cette aventure, avant tout humaine.

Tu as beaucoup écrit sur « Refaire danser les fleurs », tu joues beaucoup avec les mots comme avec « Crocodile en croisière » et y mêle beaucoup de poésie. Est-ce que tu te nourris d’œuvres, de lectures particulières pour trouver les mots justes ?

Non pas vraiment , j’écoute beaucoup les gens .

Avec le titre « Léo » tu parles pour la première fois de la différence, de l’autisme. Qu’est ce qui t’a amené à évoquer cette histoire ?

Probablement l’air du temps qui influence évidemment les thèmes.


Un album toujours en français, tu excelles pourtant dans les reprises en anglais. Aurons-nous un jour la chance d’avoir un titre dans la langue de Shakespeare sur un album ?

Je ne crois pas. J’ai passé l’âge !

Tu co-signes avec Barbara Pravi, mon coup de coeur « Leçon de moi » où tu dévoiles un peu plus tes sentiments d’épouse. Habituée à t’entendre chanter l’amour mélancolique, était-ce facile de parler de l’amour heureux ?

Oui très simple quand il est vrai.

Un titre que vous avez chanté en duo lors de ton premier concert en streaming à la Scala en février dernier. A quoi pensais-tu juste avant de monter sur scène ?

A prendre du plaisir


Qu’est-ce qui t’a le plus manqué lors de cette soirée ?

La ferveur de mon équipe sur scène et en coulisse.

J’avais eu la chance d’être présente à tes premiers concerts solos en 2004 à l’Européen. Quels souvenirs en gardes-tu ?

Beaucoup de joie et de premières et dernières fois .

Comment imagines-tu la future tournée ? T’inspires-tu de tes précédents spectacles ou de concerts d’autres artistes ?

Non je laisse mon imaginaire divaguer et la musique prendre le pas.

Pour finir, la musique est ton métier mais aussi une passion. Que fut ton dernier achat chez le disquaire?

Eddy de Pretto, son dernier album « À tous les bâtards ».


Si un vinyle devait rester tourner en boucle sur ta platine, ce serait ?

Et si j’men sors !

Merci beaucoup Julie et à très vite sur la tournée, essentielle pour nous tous !



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